Carole Tremblay s'initie à la sculpture par la voie de sa carrière en cuisine. Avec des exigences restreintes en matériaux, elle présente des pièces montées faites de graisse qui lui ont valu de nombreux prix. C'est ainsi qu'elle développe un intérêt particulier pour le travail de l'espace dans des rapports complexes où elle donne à ses sujets des positions insolites.


En 1978, l'artiste s'introduit dans le domaine des arts en réalisant des animaux. Dès le départ, la source première dïnspiration est la matière elle-même et sa densité. Vers 2001, la sculpture prend vraiment de l'importance dans sa vie. Sa recherche est motivé d'une part, par l'assimilation de la matière et de son allègement et d'autre part, par l'exploitation de l'état de déséquilibre à son point limite de l'effondrement. Cela devient le signe distinctif de ses œuvres. De façon subtile, son travail s'inscrit dans une problématique qui traite les espaces dans des zones menaçantes et dynamiques ( rebords, angles, à travers, au-delà ). C'est par les jeux des contrastes ( textures, formes, positions ) et du mouvement ( de la courbe à la torsion, de la rupture abrupte au prolongement vers des espaces autres ) qu'elle nous déplace et nous fait découvrir la présence d'espaces d'instabilité, où s'infiltre le doute et l'incertitude.


En 2002, le moment est décisif, Carole Tremblay s'approprie le corps comme sujet pour se délivrer peu à peu de ses limites. Sa recherche d'espaces autres se poursuit ( inversion, espace compact, espace environnant ). Le Glissement se fait dans une composition ouverte où l'artiste tente de détacher une partie du coprs ( bras ) qui se retrouve dans un espace extérieure à l'œuvre elle-même. À la fois saisissante et sensuelle, le caractère de ses œuvre véhicule une réflexion sur la notion de précarité de l'équilibre dans l'espace et dans le corps humain. Ces œuvres dégagent une force et une fragilité de la matière où l'on ressent cette vitalié d'une lutte constante.


En 2004, l'artiste plus confiante en sa démarche créatrice, rassemble tous les éléments déjà traités antérieurement et de manière équivoque et non définie, elle renforce les effets suggestifs de la matière et nous introduits dans l'intimité de ses formes. Sa Vision se concrétise davantage lorsqu'elle nous présente l'œuvre « Repli » où elle joue de la densité jusqu'à nous faire croire à la malléabilité de la pierre. Sa façon de nous solliciter n'est-elle pas une manière d'être en relation avec l'autre. Subtilement, elle témoigne de la voie que souhaite emprunter l'artiste.



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